Le spécialiste du voyage responsable

Atacora Parc National de la Pendjari : Méga faune, mini foule !

Le Parc National de la Pendjari, au Nord-Ouest du pays se mérite : pas moins de 12h de trajet sont nécessaires au départ de Cotonou pour avoir la chance d’y pénétrer et de vivre une exploration faunique riche où les derniers guépards, éléphants et lions de la région trouvent refuge mais aussi buffles, phacochères et oiseaux par centaines qui s’ébattent au beau milieu d’étendues où si les espèces pullulent… on n’y rencontre pas un chat !

Il est la plus grande réserve de biosphère d’Afrique de l’Ouest et s’étend de façon transfrontalière au Bénin mais aussi au Burkina-Faso et au Niger, formant ainsi l’ensemble du WAP - W-Arly-Pendjari. En territoire béninois, le Parc National de la Pendjari couvre 480 000 hectares délimités par la rivière Pendjari côté Burkina, qui forme une frontière naturelle, et la chaîne montagneuse de l’Atacora de l’autre. Étendez-le aux deux autres pays qui le composent et vous obtiendrez 3 500 000 hectares qui jouissent du statut de réserve de biosphère depuis 2002 et inscrits sur la liste du Patrimoine Mondial de l’Unesco depuis 2017. 

African Parks : Le salut de la Pendjari ? 

Si la Pendjari est un des derniers bastions de conservation de la vie sauvage en Afrique de l’Ouest, elle a longtemps été menacée par le braconnage, qui sévissait dans le parc de façon assez sévère, la chasse illégale ou encore l’abattage de bois et l’extension rapide des cultures.

En 2017, impuissant face à ces fléaux, le gouvernement béninois se décide donc à mettre la gestion de la Pendjari entre les mains d’African Parks, une ONG sud-africaine réputée pour gérer parmi les plus grandes aires protégées d’Afrique dont le Parc National de l’Akagera au Rwanda, Chinko en République Centrafricaine, la Réserve Naturelle et Culturelle de l’Ennedi au Tchad, le Parc National de la Garamba en RDC ou Liwonde au Malawi. 15 parcs au total à travers 9 pays du continent. Avec pour mission de réhabiliter chacun et de les rendre écologiquement, socialement et financièrement viables pour l’avenir. Les initiatives mises en place par African Parks ont en effet pour objectif de faire croitre positivement les populations d’animaux tout en valorisant leur habitat. Il ne faut pas pour autant en oublier les populations installées là qui elles aussi doivent le respecter et pour cela, en comprendre l’importance à leur égard et bénéficier de ses retombées économiques

Ainsi, African Parks a mis en place un programme d’éducation à l’environnement qui a permis à 1200 élèves et enseignants des alentours de bénéficier en 2017 de visites au coeur même du parc et de sensibilisation sur l’importance de préserver sa faune et sa flore et les solutions pour y parvenir. De prometteuses graines plantées dans les esprits de demain...  African Parks est aussi à l’initiative d’une brigade de rangers déployée dans toute la réserve. Tous font partie de la population locale et ont été formés pour veiller sur toutes les ressources de la Pendjari quelles qu’elles soient. Autant de consciences éveillées capables désormais de répandre la bonne parole dans les villages à la ronde. 

Faune florissante  

Dans le parc de la Pendjari, la diversité de faune est impressionnante : on dénombre pas moins de 60 espèces parmi lesquelles des lions, guépards, léopards, hyènes, buffles, phacochères, babouins, hippo… Seuls les rhino manquent à l’appel. Les antilopes elles, seraient au nombre d’une dizaine : les cobe de Buffon bien évidemment, qui nous enchantent à tout moment tant il y en a, bondissant gracilement entre les herbes dorées, mais aussi les hippotragues ou antilopes-cheval, les bubales et le damalisque

Les oiseaux eux, seraient plus de 460 espèces ! Autant que sur le territoire français ! Et effectivement, on ne compte plus les volatiles que l’on observe au cours de notre safari : les envoûtants marabouts d’Afrique, les grues couronnées, les ombrettes africaines, les rolliers d’Abyssinie, les martin-pêcheur géants, les hérons goliath, les pintades, francolins, milans noirs, ibis, vautours palmiste, souïmanga, petits et grands calao… La liste semble infinie. 

Perché sur le toit des 4X4, sur de petites banquettes qui se redressent pour servir de mirador et nous balader nez au vent, on hume la savane, on se délecte du moindre arbre torsadé, de la moindre lumière qui fait scintiller la végétation, on guette le moindre mouvement d’herbe qui laisserait présager la présence d’un félin, on scrute au loin la silhouette d’un éléphant… 

On n’oublie pas que nous ne sommes pas ici dans un zoo, mais bien en milieu naturel, que chaque animal qui voudra bien se montrer à vous est une aubaine à savourer, et que si le nombre s’avère faible, c’est le jeu et il ne faut s’en fâcher !

 




L’hôtel de la Pendjari : dodo au milieu des animaux 

Pour observer les animaux revenir de chasse à peine le jour levé, les oiseaux s’envoler dans la brume de la matinée, et tout ça sans se lever au beau milieu de la nuit, rien de mieux que de dormir au cœur du parc

Pour cela, rendez-vous à l’Hôtel de la Pendjari, repris lui aussi par African Parks, et qui propose 25 chambres de bon standing bien que les lieux soient à ce jour encore en réfection. La paillotte centrale notamment, ne fait pas encore restaurant : on s’en accomode sans soucis car les tables où se retrouver ont été déplacées sous les arbres qui bordent la savane. On dîne sur des nappes blanches où nos assiettes sont éclairées à la seule lueur des lampes à pétrole qui se balancent aux branches. On regrette seulement que le menu affiche des spécialités bien de chez nous plutôt que bien locales. Un grand feu de camp crépite non loin, celui-là même autour duquel Ignace entonnera chants et percu sous la voie lactée avant d’aller se coucher… Tout près, la savane bruisse. Dans la nuit noire, on devine l’ombre d’une antilope. On frissonne face à cette vie sauvage qui nous entoure. Surtout, ne pas s’éloigner du feu et ne pas s’approcher trop près des grandes herbes...    

On contemple la voie lactée scintillante qui vient clôturer nos aventures de la journée. Seuls 6000 veinards tout au plus visitent le parc chaque année, écoliers inclus. On savoure l’instant présent, on prend pleine conscience du bonheur d’être ici et de jouir encore d’une nature sauvage de plus en plus en péril... Toute cette beauté nous incite à changer pour la préserver...   

ARTICLE ÉCRIT PAR :
Fondatrice le
Laisser un commentaire