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Interview Gangbé Brass Band : "Le Bénin est en quête de paix au quotidien"

Le Gangbé Brass Band, c’est un des groupes de cuivre les plus importants de toute l’Afrique. Cette année sort leur 6ème album, « Go Slow to Lagos », entre afrobeat et jazz, percus, cuivres, ou encore chants polyphoniques. Le samedi 13 juin 2015, ils seront les musiciens phares du No Mad Festival et on les a rencontrés quelques jours avant l’évènement histoire de parler avec eux de musique mais aussi du Bénin, pays que l’on affectionne tout particulièrement chez Babel...

Le Gangbe Brass Band est originaire du Bénin, parlez-nous de ce qu’évoque ce pays pour vous.

Nous sommes effectivement originaire du Bénin, situé en Afrique de l’Ouest. Notre pays évoque la paix. Berceau du vodoun et de la libre expression des religions, il y a une vraie co-habitation des religions et des mouvements spirituels. C’est aussi un pays démocratique depuis 1990 pour avoir réussi à initier la première Conférence Nationale des Forces Vives d’une Nation en Afrique au sud du Sahara. Avec le courage de se retrouver entre filles et fils du pays autour d’une table pour parler des maux qui frennent son développement.

Comment qualifiez-vous votre musique et votre danse ? En quoi le Bénin les imprègne-t-elles ?

Gangbé fait une musique moderne d’inspiration traditionnelle. Parce qu’elle puise ses racines dans les rythmes et mélodies traditionnelles vodoun. Ces rythmes qui, au départ étaient sacrés, sont de nos jours utilisés dans toutes formes de musique contemporaine. Mais Gangbé est resté attaché aux rythmes traditionnels. Le rapprochement avec le jazz est une réalité dans son travail. Le jazz qui n’est rien d’autre que la substance des musiques parties du continent africain suite au commerce triangulaire de nos grands-parents.

Votre nouvel album s’intitule "Go Slow to Lagos". Est-ce qu’il s’agit là d’une invitation au voyage ? Pourquoi vers Lagos et le Nigéria ?

Go slow to Lagos pour dire qu’au départ de l’Afrique, tout est possible ! Les échanges ou la coopération Sud-Sud sont possibles. Tant sur les valeurs artistiques que par rapport aux produits de consommation courante. Le père de l’afrobeat, Fela Kuti, originaire du Nigéria, nous a accordés sa bénédiction, c’est pour cette raison que sur trois albums, nous lui avons rendu hommage. Je me souviens de ses paroles « Mes enfants, vous avez trouvé le bon chemin... » Il ne s’est pas trompé puisque Go Slow to Lagos puise l’essentiel de son énergie dans l’afrobeat. C’est aujourd’hui Femi Kuti, fils de Fela, paix à son âme, qui nous accueille chaque année au temple de l’afrobeat, le Shrine pour les Fela Days à Lagos. Notre album illustre ce pèlerinage annuel. Le Nigéria est donc l’autre moitié de notre être. 

Quel est le coin que vous préférez au Bénin et pourquoi ? Une adresse ou une visite à recommander en particulier à nos lecteurs ?

Plutôt les coins préférés... Ouidah, Abomey, Porto-Novo pour sa gastronomie et son architecture, Danxomey et Oyo vers le Nigéria, pour ses grands sites historiques relatant les exploits des Amazones. Lokossa, Grand Popo, Comè pour leurs paysages particuliers, le lac mono et la source d’eau minérale thermale. Et puis le Nord avec le parc W de la Pendjari, ses animaux sauvages et son paysage sahélien chaud et sec.

Quelle est la plus grande qualité de ce pays selon vous ?

La tolérance, l’hospitalité et l’esprit de partage. Avec une bonne dose de quête de paix au quotidien quelque soit la situation...

Sur Babel, nous défendons un tourisme responsable. Est-ce que ces valeurs vous correspondent ? Comment aimez-vous voyager vous-même ?

Voyager lentement, en admirant le paysage et la nature est la forme de voyage la plus souhaitable.C’est pour cela que nous avons accepté de soutenir le No Mad, ce festival que vous organisez et qui soutient un tourisme équitable et responsable. Nous même, on organise des collectes de matériel didactique pour la scolarisation des filles et garçons dans nos villes et campagnes.

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Fondatrice / Responsable Éditorial le
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