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La Boquilla Quand le tourisme communautaire chasse les à priori

Dans le village de La Boquilla, non loin de Carthagène des Indes sur la côte Caraïbes colombienne, des villageois se sont mobilisés pour créer Ecotours Boquilla, un projet communautaire qui permet aux voyageurs de pénétrer dans la réalité quotidienne d’un village d’Africains et d’Indigènes natifs tout en découvrant les beautés naturelles alentour. Et l’initiative dynamise le coin tout en mettant à bas les préjugés.

La Boquilla a mauvaise réputation. Trop populaire, trop dangereuse lui collent les on-dit. C’est sans compter le travail d’une poignée de familles originaires de ce village de 9000 habitants entassés dans des maisonnettes sans prétention, les rues faites de terre et de sable, et tout ce beau monde dehors, devant chez soi, qui joue, qui fait la causette à son voisin, qui boit un coup. Il y a près de 14 ans de cela, ils ont fondé Ecotours Boquilla, un projet de tourisme communautaire qui vise à animer le village, à faire découvrir sa véritable identité tout en créant de l’emploi pour plus d’autonomie. L’idée est absolument parfaite.

Un contact humain

Guidés par des villageois, on ose donc traverser La Boquilla, on part à la rencontre de ses habitants en allant visiter tour à tour ce vieil homme, un sage qui semble posséder toute la mémoire du village, ses secrets et son histoire, ou encore ce pêcheur, qui nous montre comment tresser à la main des filets tandis qu’il nous parle de ses plus belles prises. Un peu plus loin, on assiste à la sortie de l’école, on prend une bière à un comptoir de rue que l’on accompagne d’un petit pain salé ou sucré fait main, on assiste à un concert de musique populaire les pieds dans le sable tout en découvrant la diversité incroyable des rythmes de la côte !

Une petite faim vous fait gargouiller l’estomac ? Que diriez-vous d’un plateau de fruits de mer à l’ombre d’une paillote, là aussi les pieds dans le sable ? Et d’un bain de mer pour digérer ensuite. La Boquilla offre des kilomètres de plages qu’il manque à sa voisine, la très populaire Carthagène. Il est même possible d’apprendre à cuisiner les plats traditionnels au sein d’une famille : imaginez un peu rentrer en France en sachant accomoder le poisson à la manière des mamas colombiennes !

Un contact avec Dame Nature

Au bout du village, la Cienaga de Juan Polo et celle de La Virgen, des kilomètres de mangroves absolument superbes que les habitants protègent et entretiennent régulièrement. Pour ceux qui veulent, on peut grimper à bord d’une embarcation de bois et aller observer les centaines d’oiseaux qui peuplent ces lagons tandis que la pirogue glisse tranquillement au travers des tunnels de verdure. En fin d’après-midi, juste avant que le soleil ne fonde dans l’eau, l’envolée des oiseaux par milliers dans l’éclat du couchant est absolument féérique. Et tout est si calme ici ! Le clapotis de l’eau contre le bateau, le cri d’un oiseau, les mouvements secs d’un pêcheur jetant ses filets à l’eau… Si le coeur vous en dit, retroussez vos bas et marchez pieds nus dans l’eau, elle ne vous arrivera jamais plus haut que le genou. On s’enfonce dans un doux tapis vaseux mais on a la sensation de ne faire qu’un avec la nature environnante…

Un contact avec les racines

Huit personnes sont désormais embauchées par Ecotours Boquilla ce qui fait vivre autant de familles du village tout en valorisant les lieux, aussi riches d’un point de vue culturel que naturel. Et rien ne pourra venir abimer le coin puisqu’ici, depuis les années 70, une loi protège les Colombiens d’origine africaine et indigène afin que les promoteurs ne puissent s’emparer de cet emplacement. Les Natifs sont les seuls à bénéficier d’un droit de propriété collectif qui prévaut sur le droit privé et cela, dans l’intérêt général.

En parvenant à créer de l’emploi à La Boquilla même, Ecotours Boquilla entend ainsi faire prendre conscience à tout le village combien il est important de préserver des traditions sincères, un savoir-faire d’antan, une histoire, et l’environnement, aussi bien pour leurs générations futures que pour assurer un tourisme durable. Encore peu fréquentée, La Boquilla est pourtant un morceau de vie authentique, un village populaire et chaleureux où l’on sent battre le coeur d’une Colombie en plein réveil.


Ecotours Boquilla
Tel : +57 314 5886430
       +57 311 4204439
Email : ecotoursboquilla@hotmail.com
Bon à savoir : vous pouvez réserver un tour directement auprès d’Ecotours Boquilla ou passer par Mathieu, le fondateur de l’agence Aventure Colombia, qui les connait bien et cherche à valoriser leur travail en incitant ses voyageurs à se rendre à La Boquilla.

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Fondatrice le
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PHOTOS

Plateau de fruits de mer à déguster les pieds dans le sable - La Boquilla, Colombie
Concert de musique populaire variant différents rythmes de la côte - La Boquilla, Colombie
Concert de musique populaire variant différents rythmes de la côte - La Boquilla, Colombie
Quelques tables et chaises sans prétention pour déjeuner à l'ombre des paillotes sur la plage - La Boquilla, Colombie
Le sage du village, qui détient sa mémoire et son histoire - La Boquilla, Colombie
Chez un pêcheur du village, tissant à la main ses filets - La Boquilla, Colombie
Commentaires
  • Bernard 12/02/2017 à 21:51

    ... mais il peut aussi y avoir de douloureuses surprises à l'occasion d'une balade dans la mangrove !! Partis pour un tour négocié 50 000 pesos/personne (nous étions 2), on nous a amenés jusqu'à une plage "déserte", proposé un poisson grillé avec un crabe en entrée. Nous avons eu le grand tort de faire confiance à nos "guides" et venu le temps de régler le repas l'excursion s'est transformée en enfer car on nous demandait 645 000 pesos (oui, oui vous lisez bien !), somme que nous n'avions bien sûr pas, et nous avons du batailler ferme pour revenir à 145 000 +100 000 de transport. Vous comprendrez que nous gardions un très mauvais souvenir de cette expérience, dommage pour l'image que nous garderons de ce village.