Le spécialiste du voyage responsable

Interview Thomas Gueï : "Voyager permet de se découvrir"

Avec ses percussions et sa rythmique unique, Thomas Gueï s’attache à faire connaître la musique ivoirienne autour du monde. Il s’est posé un instant pour échanger avec nous à Cergy-Pontoise, quelques semaines avant qu’il ne participe au No Mad Festival les 13 et 14 juin prochains.

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Moi, c’est Thomas Gueï, artiste, musicien, percussionniste. Je suis le fondateur du groupe Les Mains enchantées et du groupe Sounan. Je suis d’origine ivoirienne.

Pourquoi Les Mains Enchantées ?

Les Mains Enchantées, c’est parce que tous les gens qui font partie de mon groupe pratiquent avec les mains. Que ce soit le batteur, le joueur de clavier, le guitariste, le saxophone, les percus’, guitare basse, guitare électrique, violons,... Tous sont des personnes qui font des trucs géniaux avec leurs mains.

On dit aussi que c’est votre surnom, avec TGV ?

(rires) En fait, c’est parce que je joue de façon un peu rapide. Quand je fais des phrases aussi, c’est hyper rapide ! Alors, certaines personnes me demandent : "Mais comment tu fais ? C’est comme un TGV !". C’est pour Thomas Gueï Vitesse.

Quels sont vos futurs projets ?

J’ai un projet avec mon amie violoniste, Virginie Robillard. C’est Choc et Fusion. On veut présenter un concert ici, mais les dates ne sont pas encore définies. L’autre projet, c’est mon second album : Freedom. L’enregistrement commencera en novembre ou en décembre. Puis, il y a justement le No Mad Festival le 13 juin. Puis en février, j’ai mon propre festival à Abidjan, 100 tambours. Du 15 au 28 février. 

Je donne également des cours dans le monde entier : j’organise des workshops. Je me déplace quand on fait appel à moi. Prochainement, je vais au Mexique et en Corée du Sud.

Ces voyages, justement, ont-ils fait évoluer ta façon de faire de la musique ?

Bien sûr, ça m’a beaucoup fait évoluer. Quand tu fais des voyages, ça te permet de te découvrir « toi-même », ta personnalité. Mais ça te permet aussi de découvrir les personnes là-bas. D’autres cultures, voir comment les gens fonctionnent. Je vais prendre mon cas personnel : depuis que je suis en Europe, je ne vois plus la musique de la même façon, comme je l’ai appris en Côte d’Ivoire. J’avais vraiment appris traditionnellement. Arrivé en Europe, j’ai essayé de développer un autre genre musical. J’ai travaillé avec d’autres musiciens. Aujourd’hui, quand je mélange ma musique avec celle d’autres musiciens, avec d’autres univers, je vois se faire un brassage. Ça crée autre chose. Il y a un vrai métissage.

Vous conservez tout de même en premier lieu l’influence ivoirienne ?

Je garde toujours mon style de musique traditionnelle. Elle fait mon identité. Après, je travaille aussi avec des jazzman, des personnes qui font de la musique classique, du Funk, et je fais un mix de tout ça. Pour voir ce que ça peut donner. 

Dans quel pays votre musique a le plus surpris ?

En Afrique de l’Est, ils ont été très surpris. Ils sont Africains mais ils connaissaient pas le djembé. Ils étaient impressionnés, surtout de voir la fusion avec Virginie Robillard. En Corée aussi, ils connaissent le djembé, mais mon style de musique, ils ne connaissent pas.

Quel pays vous a le plus marqué ?

Il y a deux pays qui m’ont marqué : la Corée et le Rwanda. Hormis mon pays bien sûr (rires). Si je devais m’évader un jour, ce serait La Corée et le Rwanda. La Corée parce qu’il y a le côté traditionnel. Ce sont des personnes qui sont très respectueuses de la valeur humaine. Ils ont un grand respect de l’être humain. Entre eux, ils se respectent beaucoup. Puis il faut dire qu’on respire mieux là-bas, et moi j’aime la nature.

Vous souvenez-vous de votre premier voyage ?

Festival d’Avignon en 1986. Et dans la foulée j’ai fait Cholet, Nice. A l’époque, c’était Carlos l’animateur. Il était étonné de me voir : « Toi petit, tu joues ?! ». Puis j’ai fait mon premier voyage aux États-Unis en 88. J’ai découvert le Japon en 1992. L’Europe j’ai tout fait : Italie, République Tchèque, Danemark, Suède, Norvège,... Prochainement, je vais découvrir le Pérou, le Brésil,… 

En quoi le No Mad Festival et Babel Voyages correspond à votre univers musical ?

Ma musique est une musique qui s’exporte, donc elle rentre dans le cadre de ce festival et de Babel Voyages. Il y aussi un côté culturel. En février par exemple, lors de mon festival, il y aura des excursions dans des quartiers d’Abidjan, les gens pourront manipuler des instruments. Tout autour de la musique, on veut rencontrer des gens qui parlent de ce qu’ils aiment.

Si on doit aller en Côte d’Ivoire demain, que nous conseillez-vous ?

Si vous partez pour le côté musical, il faut voir l’EDEC (École de Danse et d’Échange Culturel) de Rose-Marie Guiraud, et l’INSAC (Institut National Supérieur des Arts et de l’Action Culturelle). Après, il faut visiter les plages, elles font partie du cadre. Pour faire la fête, je conseille Yopougon. C’est un quartier où il y a tous les bistrots. Chez nous, on appelle ça des "Makis". Il faut aussi aller voir les villages vers Cocody ou Blockauss.

ARTICLE ÉCRIT PAR :
Frédéric Scarbonchi le
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