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Focus La Dominique, coeur vert des Caraïbes

Située entre la Guadeloupe et la Martinique, la Dominique est peu connue des voyageurs. Pourtant, la petite île est une destination écotouristique en devenir, à découvrir en passant d’un chemin de randonnée à une cascade, en plein cœur de la forêt tropicale.

A la manière de Christophe Colomb qui y mit le pied en 1493, le mieux est d’arriver à La Dominique en bateau. La Santa Maria n’est plus, mais l’Express des Iles a pris le relais et rallie Fort de France ou Pointe à Pitre à Roseau, la capitale, en quelques heures.

Faire de La Dominique une « île verte »

A force de cyclones et de chute des cours de la banane, La Dominique a récemment fait le choix de se tourner vers le tourisme. Conscient du potentiel de l’île couverte à 70% de forêt, le gouvernement s’est donné pour objectif de faire de La Dominique LA destination éco-responsable des Antilles. « Quel autre choix ? Nous ne pouvions pas nous contenter de miser sur le trio soleil-mer-plage, d’autant que nous avons la forêt tropicale en prime, à faire découvrir et à protéger » explique Colin Piper, directeur de l’Office de tourisme.

Un choix couronné d’un premier succès puisqu’en 2004, l’île est la première destination des Caraïbes à décrocher la certification Green Globe 21, label australien qui récompense les pays engagés dans une démarche respectueuse de l’environnement.

Que les amateurs de resorts all-inclusive passent leur chemin. Sur La Dominique, les sites naturels et les plages se méritent. Les chaînes d’hôtels et le béton sont quasi absents du paysage. Les hébergements sont bien souvent des lodges intimistes cachés dans la forêt.

Nature et aventure

La Dominique est une destination rêvée pour les voyageurs en quête de nature et d’aventure. Ses 754 km² abritent près de 3 000 sentiers de randonnée, 30 chutes d’eau, des spas et 365 rivières. Le Parc National de Morne Trois Pitons est classé au Patrimoine Mondial de l’UNESCO.

Fierté de l’île, le site écotouristique WNT, le Waitukubuli National Trail qui traverse le pays du Nord au Sud, est l’itinéraire de randonnée le plus long des Caraïbes. Ici, pas d’embouteillages sur les parcours de rando, il est même courant de profiter seul d’un bain naturel chauffé par les entrailles de la terre. Spas, chauds ou froids, Wotten Wave, ses 6 piscines et ses baignoires installées sous des robinets végétaux apparaît sous la canopée. Sur place, pas de fioritures : une cabane pour poser son sac et des chemins détrempés, au grand plaisir des grenouilles coassant à tue-tête.

Baleines et perroquets

Situé dans la forêt du Mont Diablotin, le chemin de randonnée de Syndicate permet de s’enfoncer dans une forêt humide à la découverte de perroquets. Perroquets Jacquot et Sisserou - à l’honneur sur le drapeau national - se régalent des agrumes tombant des arbres des environs.

Côté mer, moins d’une dizaine d’opérateurs proposent des sorties au large des côtes où vivent 7 espèces de baleines et 11 espèces de dauphins. Une fois l’animal repéré au sonar ou à l’oeil nu par l’équipage, le bateau, moteur coupé, dérive lentement au gré des vagues. On est ici loin du tourisme de masse et des courses poursuite. La Dominique étant un lieu où les mammifères évoluent tout au long de l’année, les chances de voir des cétacés sont donc très élevées.

Déclarée réserve marine naturelle, la zone de Soufrière située au Sud de Roseau abrite coraux, hippocampes et poissons-crapauds. Un site idéal pour une plongée avant de profiter du coucher du soleil, là où l’océan Atlantique devient mer des Caraïbes.

Des défis pour le futur touristique de l’île

La naissance d’une industrie touristique, aussi verte soit-elle, met les autorités face à de nombreux défis. Capable jusqu’à présent d’absorber ses visiteurs, La Dominique a atteint un point de flottement où, pour assurer un accueil de qualité, le gouvernement va devoir investir.

Le port saturé par jour d’affluence ne permet pas de prendre en charge les passagers et l’absence de marina limite la venue des plaisanciers. Le mouillage dans la baie de Soufière, devenue réserve naturelle sous-marine, est désormais interdit.

Alors que 70 % de l’énergie produite sur l’île est hydraulique, la question des déchets est brûlante. En l’absence de centre de traitement, le ministre du Tourisme, Robert Tonge, reconnaît que « grâce au système de consigne, le verre est recyclé mais les ordures, elles, ne le sont pas, elles sont enterrées ». En poste depuis quelques mois, ce dernier annonce la mise en place prochaine du recyclage du verre et du plastique : « C’est une question très importante pour nous ». Reste au gouvernement à tenir ses promesses pour penser son développement et faire de la Dominique le paradis vert des Antilles qu’elle veut rester.

ARTICLE ÉCRIT PAR :
Rédactrice Voyage / Photographe le
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