Le spécialiste du voyage responsable

Chouf Bkerzay, célèbre la beauté et l’artisanat du Liban

Niché dans les montagnes au cœur du Chouf, Bkerzay est un village d’hôtes qui vise à avoir la démarche la plus écologique possible tout en préservant la nature et en promouvant les valeurs et l’artisanat libanais.

À cheval sur les municipalités de Baakline et de Deir Dourit, au sommet d’une colline recouverte de pins d’Alep, de figuiers, d’oliviers centenaires, et de forêts luxuriantes, apparaît le village de Bkerzay, au bout d’un petit chemin. Perché à 650 mètres d’altitude, le site surplombe la région du Chouf et suivant où l’on porte le regard, embrasse soit l’immensité de la mer ou les villages libanais parsemés sur la montagne

Bkerzay, une affaire de famille    

Dans la famille Salman, il y a Ramzi, architecte et initiateur du projet, rentré au Liban après plusieurs années passées aux États-Unis, Kareem, le fils qui s’occupe du management et Zeina, la sœur de Ramzi, qui a orchestré l’aménagement et la décoration.

En 2008, Ramzi Salman achète un premier terrain dans la région de Baakline, terre de son enfance, sur lequel il fait construire une maison et trois pavillons en pierres entourés d’un verger. Lui et sa famille cherchaient à fuir le bruit et la pollution de Beyrouth pour se ressourcer le week-end.

« Cette expérience m’a permis de rencontrer des artisans et des habitants de la région, qui, dès lors qu’ils ont saisi mon désir de préserver cette nature, m’ont vendu deux autres terrains plus grands » se souvient Ramzi Salman.

Ainsi naît Bkerzay, un village d’hôtes perdu au milieu d’une nature préservée, dans un pays mangé par le béton. « Ce projet est une réaction positive au surdéveloppement du pays, à l’urbanisation sauvage, à la détérioration de l’environnement et du patrimoine qui ravagent le Liban » confie Ramzi. Avec Bkerzay, c’est un retour à la terre et à la nature qui s’opère, mais aussi aux racines. Ramzi entend ainsi faire revivre la beauté du Liban, mais aussi préserver la région et lui redonner vie pour que reviennent vivre ici les villageois qui avaient fui la région à cause de la guerre civile.

Un projet  conçu dans un esprit de développement durable et d’autosuffisance

Sculptées dans le paysage naturel, sans avoir eu à abattre un seul arbre, les 14 maisons que compte Bkerzay peuvent accueillir jusqu’à 80 personnes. Disséminés en pleine forêt, ou bien le long de la falaise, les hébergements ont été conçus avec des matériaux locaux comme la pierre de calcaire que les maîtres maçons sont allés chercher dans la montagne du Chouf. Pour la construction, Ramzi  Salman s’est inspiré de l’architecture méditerranéenne traditionnelle libanaise : tuiles en terre cuite, voûtes, murs et arcs en pierre… Autant d’éléments qui promeuvent le Liban et le travail des villageois.

La décoration intérieure marque aussi le retour à l’artisanat traditionnel libanais. Fidèles au concept de récup’ et de recyclage, la majorité des meubles provient de brocantes ou encore d’artisans de la montagne. Tous ont une âme et racontent une histoire, « un peu comme dans la maison de vos grands-parents », raconte Ramzi.

Bkerzay s’est aussi engagé en matière d’économie d’énergie et de durabilité : les panneaux solaires produisent le tiers de l’électricité ; le bois mort de forêts attenantes est utilisé pour se chauffer ; une station d’épuration a été mise en place pour recycler l’eau, sans oublier le tri des ordures et  le compost. En imaginant ce projet, Ramzi Salman voulait non seulement préserver l’environnement mais aussi les savoir-faire des habitants des montagnes, en promouvant l’artisanat et les produits agricoles du terroir.

Valoriser les talents locaux de la région

Pour valoriser les ressources humaines mais aussi naturelles de la région, on trouve sur le site de Bkerzay des ateliers d’artisanat, une résidence d’artistes, un restaurant où l’on met en valeur les produits du terroir cuisinés à la libanaise (et quelques recettes internationales), et une boutique de poterie et spécialités locales.

La boutique propose à la vente des produits naturels réalisés sur place : huile d’olive, savon, miel (une ruche est présente non loin) et thym sauvage. « Nous avons également une école de poterie où nos visiteurs vont pouvoir suivre des cours dispensés par des maîtres potiers » raconte Ramzi Salman. Dans cette région, on a toujours modelé et cuit la terre en s’appuyant sur des techniques traditionnelles. Un maître potier s’occupe donc de transmettre cet art en voie de disparition dans l’atelier baptisé Les potiers de Bkerzay et ainsi de relancer le métier. Bols en céramique, assiettes, gobelets et pièces décoratives aux différents motifs sont désormais vendus dans des magasins autour de Beyrouth, tissant ainsi un trait d’union entre la ville et la campagne. Une activité qui génère de l’argent dans la région et permet de la faire vivre en préservant ses traditions et son artisanat.

Bkerzay
Bkerzay, Mount Lebanon Governorate, Lebanon
Email : info@bkerzay.com
Tél. : + 961-3-512020
Tarifs : Nuitées entre $120 + TVA et $410 + TVA (petit déjeuner inclus)
ARTICLE ÉCRIT PAR :
Rédactrice le
Laisser un commentaire