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Ruhengiri Les gorilles du Parc national des Volcans, une rencontre de taille

Au Rwanda, la star, c’est le gorille ! Il faut payer le prix fort pour venir les rencontrer dans les montagnes des Virunga. Mais admirer les derniers grands singes de la planète n’a pas de prix…

Partir en trek dans le parc national des Volcans à la rencontre des gorilles des montagnes est une des expériences les plus incroyables que l’on puisse imaginer vivre en pleine forêt. Des rangers ont habitué plusieurs familles de gorilles à accepter la présence humaine dans leur milieu naturel. C’est ainsi qu’une poignée de voyageurs s’aventurent dans les pentes des volcans pour passer une heure en leur compagnie.

Dans la brume de Karisoke

Si on peut toujours observer quelques gorilles dans leur milieu naturel, c’est grâce à la lutte acharnée de Dian Fossey. En 1967, la primatologue américaine installe son centre de recherche entre les volcans Karisimbi et Bisoke, à Karisoke, perché à 3000 m d’altitude au nord-est du Rwanda. Lorsqu’elle est assassinée en 1985, les gorilles des montagnes sont moins de 275. Sa vie est brillamment retracée dans le film américain « Gorilles dans la brume » avec Sigourney Weaver.

Aujourd’hui, plusieurs ONG poursuivent le travail de Dian Fossey au Rwanda. La population de gorilles, autrefois menacée d’extinction, voit son nombre augmenter depuis plusieurs années grâce à des efforts de coopération transnationale et à l’implication des communautés locales. On compte actuellement un peu plus de 1000 individus répartis dans seulement trois pays au monde, le Rwanda, l’Ouganda et le Congo (RDC).

Destination touristique haut de gamme

La volonté nationale en matière de tourisme au Rwanda est claire : protection des gorilles et amélioration des conditions de vie des populations environnantes. Par conséquent, le prix du « permis gorille » est exorbitant : 1500 USD pour avoir la chance de les rencontrer. Les groupes de visiteurs sont limités à 8 personnes maximum et l’approche ne se déroule qu’une heure par jour.

Chaque matin vers 7h, le briefing débute au QG du parc devant quelques voyageurs à la fois impatients, excités et un peu anxieux. Les rangers organisent les différents groupes qui iront à la rencontre de chaque famille de gorilles. Seulement une dizaine de clans sont accessibles aux visiteurs. Les autres groupes n’ont des relations qu’avec les scientifiques qui ont succédé́ à Dian Fossey.

Si vous avez un sac, vous devrez faire appel à un porteur, moyennant une vingtaine d’euros. Ces anciens braconniers en reconversion vous accompagnent et vous aident lors de passages difficiles, pour éviter de dévaler les pentes parfois glissantes de la forêt. Leurs tarifs sont élevés alors que le portage n’est pas vraiment utile, mais c’est la règle du jeu. Pour la réussite du projet, il faut leur garantir un revenu supérieur à celui généré́ par le braconnage.

Même s’ils sont habitués à la présence humaine, les gorilles n’attendent pas votre visite, c’est vous qui allez à leur rencontre. Lorsque les traqueurs signalent la présence d’une famille à votre guide, il peut y avoir trente minutes ou plusieurs heures de marche d’approche dans une forêt dense et humide.

Au moment où vous apercevez les gorilles avec votre petite équipe, vous avez une heure top chrono pour les admirer sous toutes les coutures. Les règles sont strictes pour éviter l’interaction avec l’Homme et la transmission de maladies. Sept mètres minium sont exigés. Mais les gorilles, eux, se moquent des règles et peuvent venir tout près de vous. Ils peuvent vous passer autour, vous frôler et aller se poser à quelques mètres de vos pieds en train de mâchouiller leur bambou dans une indifférence déconcertante.

Vous ne pourrez pas rater le chef du groupe, le mâle dominant est un gorille « dos argenté », en référence aux poils gris-blanc qui forment une bande sur son dos depuis qu’il a atteint sa maturité́ sexuelle, vers l’âge de quinze ans. Cet imposant gorille de près de 200 kg n’utilise sa force que pour garantir sa place au sein de son clan, si d’autre mâles venaient à lui piquer ses conquêtes. Certains avancent lentement, d’autres grimpent aux arbres, s’amusent ou se chamaillent. Tant que vous ne faites pas de gestes brusques et que vous restez calmes, vous aurez tout le loisir de regarder ces grosses boules de poil à la fois impressionnantes et si tranquilles.

Vous croiserez leur regard, pourrez observer chaque détail, écouter chaque bruit, voir les petits avec leur maman ou les mâles juvéniles se faire remarquer auprès des femelles en se frappant le torse ou en poussant des cris. A la fin de cette rencontre ô combien émouvante, tout le monde repart un peu hagard dans la forêt, avec un sentiment inoubliable, celui d’avoir eu l’impression de faire partie d’une famille de gorilles un matin sur les pentes des volcans du Rwanda.

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